Avez-vous déjà entendu parler de ces papillons qui ne peuvent se reproduire sans la présence de certaines fourmis dont ils parasitent les nids ? Illustration avec l’azuré du serpolet, papillon bleu des coteaux calcaires.
L’azuré du serpolet, espèce rare et protégée, pond ses œufs sur les inflorescences de certaines plantes bien choisies, notamment l’origan sauvage. Les petites chenilles grignotent les boutons floraux avant de se laisser tomber au sol pour être récupérées par des fourmis spécifiques, grâce à une odeur qu’elles émettent et qui les font passer pour leurs larves. Les fourmis rapportent les chenilles dans leur fourmilière où ces dernières vont se nourrir du couvain (œufs, larves et nymphes) de leurs protectrices, jusqu’à devenir papillons.
Ainsi, pour que l’azuré du serpolet soit présent, un site naturel doit abriter à la fois la plante hôte et les fourmis pour assurer le cycle complet de l’espèce.
Le CEN Allier suit l’azuré du serpolet sur un ensemble de coteaux calcaires du sud du département. Si sa présence est bien confirmée sur certains sites, il reste encore simple passager sur d’autres, où les conditions semblent pourtant réunies pour lui permettre de s’installer durablement. C’est le cas du coteau des Bourses à Creuzier-le-Vieux, où l’origan sauvage est largement présent. Mais qu’en est-il des populations de fourmis ? Un inventaire a été mis en place pour identifier les espèces de fourmis et confirmer la présence de celles nécessaires pour le cycle du papillon.
Des appâts composés de miel et de rillettes de saumon (rien que ça !) ont été éparpillés sur le site pour attirer et prélever les fourmis et permettre une identification des espèces présentes.
En fonction des identifications à venir, il pourra être possible de confirmer ou non que toutes les conditions sont réunies pour l’installation sur le long terme de l’azuré du serpolet sur le site.
Projet financé par l’entreprise Vicat, propriétaire du site naturel.

